Reprise en douceur
Malgré les incertitudes liées à la crise économique, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a relevé ses prévisions de croissance pour ses pays membres. Bémol à cette bonne nouvelle, l’Europe ne sera pas à la pointe du mouvement de reprise qui viendra des Etats-Unis et dans une moindre proportion des pays émergents. Soyons prudemment optimiste face à ce regain de confiance des économistes de l’OCDE. Certes, la France connaît une récession moins profonde (- 3%) mais la reprise sera beaucoup plus lente qu’ailleurs. Soyons pourtant assurés que, grâce à la volonté des hommes, demain sera meilleur qu’aujourd’hui. Le pire est passé mais l’embellie sera longue à venir.
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Moralisation du capitalisme financier
L’excitation permanente est devenue le « Saint Graal » du financier du XXI° siècle. Depuis 2005, dans un marché où le loyer de l’argent était très bas, les banques ont soutenu artificiellement l’immobilier résidentiel, en allongeant les durées de prêt jusqu’à 35 ans ; elles offraient des formules de prêts à marge réduite, voire inexistante, à des taux en dessous de leur coût de ressources ; aujourd’hui, la crise financière bât son plein, la faute à ces mêmes banques qui ont créée la bulle ; ce n’est pas l’enchaînement de mécanismes quasi-abstraits mais bien une série de défaillances humaines qui est responsable du « tsunami financier » et par voie de conséquence de la crise mondiale. Autrement dit, ce ne sont pas les affaires qui sont en cause mais la manière dont les hommes les font. La finance étant devenue tellement sophistiquée avec notamment la technique de titrisation de créances, les dettes immobilières des ménages modestes étant transformées en titres et revendues sur les marchés financiers : la dématérialisation, la désintermédiation, l’embrouillamini financier, personne n’y comprend plus rien. Les prêteurs s’étant débarrassés du risque sur d’autres, se sentaient en sécurité et prêtaient de plus en plus : la confiance associée à la sécurité suscitaient 100% d’engagement et parfois plus aucun discernement. Oui, ces « capital-risqueurs », sont coupables d’avoir fait exploser leur laboratoire et du même coup provoqué « l’effet domino ». Quelles leçons ? moraliser le capitalisme financier, installer des outils « éthique » de contrôle des mécanismes financiers, redéfinir le périmètre d’intervention des agences de rating …et faire sa révolution copernicienne pour le financier d’aujourd’hui afin de vivre dans une société « financièrement correcte » .
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Edito : Le crépuscule des dieux de la finance : au bout du tunnel, l'espoir
Manque de confiance, hystérie irrationnelle des marchés boursiers, probabilité d’une franche contraction des valeurs immobilières en 2009, accès limité au crédit, selon le FMI, les prix des logements seraient trop élevés de 15 à 20 % dans l’hexagone.
Pourtant il y a des raisons de tendre vers un optimisme mesuré : les autorités monétaires et politiques prennent des mesures exceptionnelles pour éviter l’assèchement du crédit, un marché immobilier face à une situation de pénurie structurelle de logements par rapport aux besoins. Selon une étude réalisée par LH2, 61% des Français estiment qu’il vaut mieux placer son argent dans la pierre en achetant un bien immobilier contre 27 % seulement qui pensent qu’il vaut mieux placer son argent à la banque. 68 % des sondés considèrent l’accès à la propriété comme un objectif à atteindre ; constat positif. Gardons nous de trop écouter les avis d’analystes car en période de retournement de cycle, l’acuité du jugement fait défaut et les pronostics sont souvent erronés. |
Crise financière, quand les banquiers jouent les apprentis sorciers !
Cela a commencé par le rachat de Bear stearns par JP Morgan Chase en mars dernier, le renflouement de Freddie Mac et de Fannie Mae par le Trésor américain, le rachat de Merrill Lynch par Bank of America (3ème grande banque d'investissement), la faillite de Lehman Brothers, la nationalisation de l'assureur AIG, Washington Mutual (première Caisse d’Epargne du pays) dans l'obligation de céder ses actifs (en particulier son patrimoine immobilier acquis par le biais du prêt hypothécaire) et repris par JP Morgan Chase et enfin le bancassureur Fortis nationalisé. A qui le tour ? Wachovia (4ème banque commerciale américaine), Dexia ou encore quel autre établissement financier dont l’exposition au marché des crédits immobiliers devient insupportable ? Doit-on s’inquiéter pour la pérennité de nos banques françaises ? Il est probable (espérons-le) que notre modèle de banque « à la française » équilibré entre banque de détail et banque de financement et d’investissement résiste au « tsunami » financier. Tant que les tensions sur le marché interbancaire restent aussi vives, il ne sera pas possible de restaurer la confiance et de relancer l’offre de crédit. Qu’en est-il du marché de l’immobilier en France ? Le resserrement des conditions d’octroi de crédits par les banques gèle les transactions et commence sérieusement à peser sur les prix. Pourtant, les Français restent désireux d'accéder à la propriété et nous sommes toujours (surtout à Paris dans l’ancien) dans une situation de pénurie de logements. Dans une perspective de hausse des taux, l’espoir viendrait des vendeurs qui reverraient leurs prix à la baisse ce qui permettrait de « resolvabiliser » les ménages en quête d’un toit pour se loger.
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Y a-t-il un crédit crunch ?  Y a-il un crédit crunch ? ou en bon francophone une restriction brutale de crédit. La crise des subprimes (crédit hypothécaire à risques) aux Etats Unis est passée par là : les banques ne seraient plus en mesure de financer leurs clients traditionnels. Conséquence, les banques ont modifié leur comportement en termes d’analyse des dossiers et d’octroi de crédit. Elles ont renforcé leurs exigences en matière d’apport et d’ancienneté professionnelle. A cela, il convient d’ajouter la dégradation économique que subit la France depuis quelques semaines : une pléiade d’indicateurs à la baisse : production industrielle, exportation, consommation des ménages. Pour autant, il s’agit de prendre toute la mesure de la situation sans la dramatiser. C’est toute la zone euro qui subit un ralentissement économique. Et nous n’évoquerons pas les voyants de la deuxième économie du monde (Japon) qui passent au rouge. Dans un contexte de ralentissement, il faut que nos gouvernants travaillent sur la question des crédits aux particuliers et spécifiquement immobilier. La production bancaire s’est bel et bien contractée en France et ce n’est pas uniquement à cause du ralentissement de la demande de crédits, conséquence de la baisse des transactions, c’est aussi et surtout un niveau de fermeté plus élevé dans l’octroi des prêts, conséquence du renchérissement du financement à l’échelle mondiale. On observe bien un hiatus entre les banques et les particuliers : les premières affirment que leurs robinets de crédits sont grands ouverts, les seconds estiment être victimes d’un sérieux resserrement des conditions de crédit lors de l’acquisition d’un bien immobilier. Les banques devraient raison garder et ne pas négliger leur fonction économique et sociale qui est de prêter. L'espoir pour les emprunteurs vient des courtiers qui s’emploient à « resolvabiliser » leurs clients qui n’entrent pas dans les critères les plus stricts. Une chose est sûre, la « France de propriétaire » prônée par notre Président lorsqu’il était candidat à la fonction suprême s’éloigne de plus en plus en tout cas pour un certain temps. |
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